Dans un contexte financier plus contraint, l’audit de début de mandat devient un outil central pour articuler ambition politique et soutenabilité budgétaire.

Tribune co-signée par François Marlio-Marette et Fabian Meynand, consultants chez Partenaires Finances Locales
Les conseils municipaux issus des élections de 2026 s'installent dans un contexte que leurs prédécesseurs de 2020 n'ont pas connu à ce degré : croissance et volatilité des coûts de l’énergie, hausse des marchés publics impactés par l’inflation (+1,7% en mars 2026), hausse des charges de personnel accentué par l’augmentation des cotisations CNRACL jusqu’en 2028, besoins d'investissement prégnant dans un contexte de baisse des subventions obtenues des partenaires financiers (État, Région, Département), situation des EPCI de rattachement qui se tend avec un impact probable sur les outils de péréquation en place dans les relations communes / communauté (DCS, fonds de concours, …).
Malgré ce contexte, les finances des communes restent globalement saines notamment grâce à la conservation par ces dernières d’un levier fiscal important via la taxe foncière, une revalorisation importante des valeurs locatives ces dernières années, et des dotations relativement épargnées grâce à l’augmentation régulière des dotations de péréquation que sont la DSR et la DSU. In fine, la capacité de désendettement moyenne du bloc communal demeure inférieure à cinq ans .
Mais cette solidité agrégée masque des situations très contrastées, et les communes, au même titre que les EPCI, n'échapperont pas à l'effort national de redressement des finances publiques.
Comme le rappelait récemment Gaëtan Huet dans une tribune publiée dans le courrier des maires, les collectivités doivent désormais construire de véritables « stratégies de mandat » pour s'assurer que chaque euro dépensé contribue à améliorer concrètement la vie des habitants.
Les audits de début de mandat, qui ont souvent affiché, par le passé, une finalité très politique, visent aujourd’hui surtout à établir, pour les nouveaux élus, une feuille de route budgétaire et une capacité d’investissement et d’action pour les six prochaines années. Autrement dit, ce document, élaboré en collaboration avec les équipes nouvellement élues vise à caractériser la santé financière de la collectivité à date, afin de tracer les marges de manœuvre financières du mandat à venir.
Dans la quête de cet objectif, l’analyse rétrospective, conduite sur une période longue, vise d’ailleurs moins à produire des ratios qu’à dimensionner la capacité d’autofinancement réelle de la commune et comprendre les trajectoires : évolution des dépenses, structure des recettes, rigidités, dépendances.
Il n’en reste pas moins qu’un audit a aujourd’hui surtout une valeur dans sa dimension prospective. Il s’agit de projeter, sur la durée du mandat, les conséquences financières des choix politiques envisagés.
Investir dans la rénovation des écoles, d’un tiers-lieu, d’un équipement culturel ou sportif, ou même dans la voirie : avec quel financement, à quel rythme, avec quel impact sur l'encours de dette ? Maintenir le niveau de services sans hausse fiscale : jusqu'à quel point, et au prix de quels arbitrages en fonctionnement ? Mutualiser certains services avec l'intercommunalité : dans quels délais, pour quelles économies réelles ?
La projection financière permet de tester ces scénarios, de mesurer leur soutenabilité, d'identifier les leviers d’optimisation et de les soumettre à un certain nombre d’analyses de sensibilité permettant d’anticiper, le cas échéant, l’évolution des paramètres de prospective. Elle ne contraint pas l'action politique : elle l’anticipe et la rend possible, en lui donnant un cadre budgétaire, financier et fiscal.
Mais la mise en perspective des comptes, au-delà de la feuille de route budgétaire, doit également être l’occasion pour la commune ainsi que pour les structures intercommunales dont les exécutifs peuvent également être bouleversés, et ce dans un contexte de raréfaction des recettes, d’évaluer et de réinterroger – par rapport aux objectifs initiaux fixés –, les politiques publiques en place en répondant aux questions suivantes : Quelles sont les politiques publiques essentielles au territoire, quels services attendent réellement les concitoyens, comment faire autant ou mieux avec moins !
Cela nécessite de revisiter les dépenses, mais aussi le périmètre des compétences exercées, les publics et objectifs visés, voire les politiques tarifaires pratiquées.
C'est aussi là que l'imagination de l’élu-gestionnaire entre en jeu. Certaines collectivités trouveront des marges en interrogeant leurs modes de gestion, en rationalisant leur patrimoine, en arbitrant entre ce qui relève du service public essentiel et ce qui s'est sédimenté au fil des mandats, en mutualisant des moyens avec d’autres communes limitrophes, voire avec la structure intercommunale de rattachement.
Dans un environnement financier incertain, marqué par la nécessité d’investir tout en maîtrisant les équilibres, cette exigence de lucidité n’est plus accessoire. Un mandat ne se juge pas à la seule ambition qu’il affiche, mais à sa capacité à dimensionner cette ambition pour la rendre réaliste et réalisable sur le temps imparti sans hypothéquer durablement et à long terme les capacités d’autofinancement et d’investissement de la commune et de l’EPCI.
L’audit de début de mandat constitue, à cet égard, bien plus qu’un point de passage. Il est le moment où une intention politique devient une trajectoire utile et efficiente pour le territoire et sa population mais aussi une feuille de route maîtrisée et durable.
Le cabinet PARTENAIRES Finances Locales, à l’expérience robuste et conscient de ces problématiques, propose une approche nouvelle et pro-active dans les audits de début de mandat visant à accompagner les collectivités locales non seulement dans l’analyse et l’appréhension des comptes, des process et des trajectoires passées, mais également dans l’établissement, pour le nouveau mandat, d’une feuille de route budgétaire et financière rationnelle et durable permettant la réalisation de VOS projets.
Fort de nos 20 ans d’expérience au plus près de nos clients, nous proposons une mise en perspective financière adossée à un calendrier et à des préconisations soutenables et fonctionnelles et serons force de proposition, le cas échéant avec nos partenaires, pour vous aider à évaluer et, si besoin, revisiter les politiques publiques en place, ceci dans un souci d’optimisation et rationalisation des dépenses et recettes tout en préservant la qualité du service public.
N’hésitez pas à prendre contact avec nos consultants :
- Christophe MICHELET : ch.michelet@partenairesfl.com<br>
- Gaëtan HUET : g.huet@partenairesfl.com<br>
- Fabian MEYNAND : f.meynand@partenairesfl.com<br>
- François MARLIO-MARETTE : f.marlio-marette@partenairesfl.com